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Le football comme diplomatie : pourquoi Rubio ouvrira personnellement la Coupe du monde 2026

Le secrétaire d'État américain préside une délégation à l'ouverture du championnat du monde à Los Angeles — et rencontre en parallèle le président paraguayen Peña. Le sport sert de cadre aux négociations sur la migration, la sécurité et le climat d'investissement.

Tetiana Suchkova-Ladik

Par Tetiana Suchkova-Ladik

10 juin 2026 · 3 min de lecture

Le football comme diplomatie : pourquoi Rubio ouvrira personnellement la Coupe du monde 2026

Vendredi 13 juin, le secrétaire d'État américain Marco Rubio se rend à Los Angeles — non seulement pour regarder Katy Perry et Future au stade SoFi. Sa présence à l'ouverture de la Coupe du monde 2026 et au match États-Unis — Paraguay fait partie d'une initiative diplomatique que l'administration Trump a soigneusement enrobée dans une couverture footballistique.

Une délégation qui en dit long

Rubio dirige la délégation officielle américaine à la cérémonie d'ouverture. À ses côtés — le ministre des Transports Sean Duffy et le ministre de la Sécurité intérieure Markwayne Mullin. La présence même de Mullin est révélatrice : son ministère a signé un mémorandum de coopération avec le Paraguay dans le domaine du contrôle de la migration avant le début du tournoi. Lors d'une cérémonie au Département d'État, Rubio a directement qualifié la migration clandestine de « menace à la sécurité nationale » pour les deux pays.

La rencontre avec le président du Paraguay Santiago Peña en marge de la Coupe du monde est déjà la deuxième pour Rubio en tant que secrétaire d'État. La première s'est déroulée à Washington lors d'une conférence sur la sécurité régionale. À cette occasion, on avait discuté du climat d'investissement pour les entreprises américaines et de la lutte contre le narcotrafic.

Pourquoi précisément le Paraguay

Le Paraguay est le seul pays d'Amérique du Sud qui maintient des relations diplomatiques officielles avec Taïwan, malgré les pressions systématiques de Pékin. Selon le Département d'État, Asunción reste l'un des 12 gouvernements au monde qui reconnaissent toujours Taipei — et cela le rend précieux partenaire dans le triangle stratégique États-Unis–Chine–Amérique latine.

« C'est un autre exemple de coopération et de capacité à travailler ensemble pour des valeurs communes »

Marco Rubio, secrétaire d'État américain — lors de la signature du mémorandum avec le Paraguay

Le président Peña, de son côté, renforce activement sa présence aux États-Unis : depuis qu'il a accédé à ses fonctions en août 2023, il a déjà visité le pays plusieurs fois, notamment en prenant la parole à l'Assemblée générale des Nations unies à New York en septembre 2025.

La Coupe du monde 2026 comme outil de soft power

L'administration Trump se trouve face à un paradoxe : le tournoi, qui attirera des millions de supporters étrangers, se déroule sur fond de rhétorique migratoire la plus dure des années. Rubio avait assuré au printemps que l'ICE ne « nettoierait » pas les stades — mais Mullin s'est abstenu de garanties, se limitant à une phrase sur la « sécurité de tous les visiteurs ». La présence des deux à l'ouverture est une tentative d'envoyer un signal à la fois à l'intérieur du pays et à l'extérieur : nous sommes les hôtes du tournoi, nous contrôlons la situation.

  • La cérémonie d'ouverture au stade SoFi commencera à 19h30 heure locale ; Katy Perry, Future, Anitta et LISA se produiront.
  • Le match États-Unis — Paraguay est le premier match du groupe D, où se trouvent également la Turquie et l'Australie.
  • Le mémorandum sur la migration entre les États-Unis et le Paraguay a été signé plus tôt cette année avec la participation du sous-secrétaire à la Sécurité intérieure Troy Edgar.

Les analystes de West Asia Watch notent que la Coupe du monde 2026 est un « moment critique de diplomatie publique » pour Washington dans un contexte où la confiance mondiale dans le leadership américain est sujette à controverse. Si l'administration Trump parvient à organiser le tournoi sans incidents d'arrestation de supporters ou de restriction d'accès aux équipes, il deviendra véritablement un argument en faveur du « soft power ». Sinon, l'effet sera inverse.

La question clé des prochaines semaines : Rubio et Peña signeront-ils quelque chose de concret à Los Angeles — ou la rencontre restera-t-elle une énième « confirmation du partenariat stratégique » sans mécanisme de mise en œuvre.

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