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La Turquie propose à l'OTAN un pipeline pour 1,2 milliard de dollars — cinq fois moins cher que les alternatives

Ankara souhaite connecter son infrastructure énergétique à la Roumanie via la Bulgarie avant le sommet de l'OTAN de juillet. L'argument principal est le prix : l'itinéraire turc coûterait un cinquième des trajets transitant par la Grèce ou les voisins occidentaux de la Roumanie.

Tetiana Suchkova-Ladik

Par Tetiana Suchkova-Ladik

15 mai 2026 · 2 min de lecture

La Turquie propose à l'OTAN un pipeline pour 1,2 milliard de dollars — cinq fois moins cher que les alternatives
Фото: depositphotos.com

La Turquie a proposé à l'OTAN de construire un oléoduc militaire d'une valeur de 1,2 milliard de dollars — depuis son territoire jusqu'à la Roumanie en passant par la Bulgarie. Selon Bloomberg, l'initiative a été présentée à l'Alliance à la veille du sommet que l'Ankara accueillera en juillet 2025.

Pourquoi maintenant et pourquoi c'est intéressant

L'OTAN s'appuie depuis des décennies sur un réseau d'infrastructures hérité de la Guerre froide : le Central Europe Pipeline System (CEPS) — plus de 5 300 km de tuyaux traversant la France, le Bénélux et l'Allemagne, construits en 1958. Le flanc oriental — la Pologne, les pays baltes, la Roumanie — reste en dehors de ce réseau. Le carburant y est toujours livré par camions et par chemin de fer.

Selon Investing.com, citant Bloomberg, les itinéraires alternatifs vers la Roumanie — via la Grèce ou les voisins occidentaux — supposent un transport maritime, ce qui les rend plus vulnérables aux perturbations. L'itinéraire turc, selon les estimations, coûterait cinq fois moins cher.

« L'invasion russe de l'Ukraine et les conflits au Moyen-Orient, notamment les perturbations d'approvisionnement dues à la fermeture du détroit d'Ormuz, ont contraint l'OTAN à réviser sa logistique de carburant »

Investing.com / Bloomberg

Où se situe l'avantage d'Ankara

La Turquie n'est pas simplement un couloir de transit. Elle possède déjà deux systèmes de carburant militaire nationaux (TUPS — western et eastern), intégrés au réseau de l'OTAN. Le nouveau pipeline élargirait son rôle en celui de fournisseur pour les alliés de l'est. La proposition est présentée un mois avant le sommet qu'Ankara accueille elle-même — c'est une candidature ouverte au leadership stratégique au sein de l'Alliance.

Parallèlement, en 2025, les négociations se poursuivent pour l'expansion du CEPS en Europe centrale : un itinéraire de Schwedt (Allemagne) à Płock (Pologne) est en discussion. Autrement dit, l'OTAN comble simultanément plusieurs « zones blanches » sur sa carte des carburants.

Ce qui reste ouvert

Le pipeline est annoncé comme strictement militaire — sans utilisation civile. Cependant, la Turquie a déjà démontré sa capacité à combiner les intérêts : TurkStream est formellement un gazoduc commercial, mais il est devenu un instrument de marchandage géopolitique avec Moscou et Bruxelles à la fois. La Turquie acceptera-t-elle le financement du Programme d'investissement dans la sécurité (NSIP) — c'est la question clé : le budget du programme en 2025 s'élève à 1,7 milliard d'euros, et les concurrents pour ces fonds sont nombreux, de Tallinn à Varsovie.

Si la décision n'est pas prise avant ou pendant le sommet d'Ankara — comme le prédisent les sources de Bloomberg — l'initiative risque de devenir une énième intention documentée sans calendrier de mise en œuvre.

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