Le seul candidat à la tête de l'ARMA a échoué aux exigences des partenaires internationaux — le concours redémarre pour la troisième fois
La commission de concours a décidé à l'unanimité de relancer la sélection après que l'unique candidat, Viktor Dubovik, n'ait pas obtenu les deux votes nécessaires des membres internationaux à deux reprises. L'agence est restée sans direction depuis près d'un an.
Par Tetiana Suchkova-Ladik
10 juin 2026 · 3 min de lecture
Le 10 juin, la commission de sélection pour le poste de chef de l'ARMA a voté à l'unanimité pour relancer le concours. La raison formelle — aucun candidat n'a reçu de recommandation pour nomination par le Cabinet des ministres. La vraie raison — l'unique candidat parvenu en finale n'a pas pu surmonter une exigence législative spécifique, et ce à deux reprises.
Comment un candidat a échoué au scrutin à deux reprises
Parmi les 13 participants de la deuxième étape, seul un a réussi le test des aptitudes cognitives — Viktor Doubovik, responsable de la Direction de la politique juridique du Bureau du président. Auparavant, il avait également postulé pour le poste de directeur du BEB.
Lors de l'entretien final du 16 avril, Doubovik a reçu quatre votes « pour » sur six membres de la commission — apparemment suffisant. Mais la loi sur l'ARMA exige que parmi ces quatre votes figurent au moins deux représentants des partenaires internationaux. Doubovik n'a obtenu qu'un seul tel vote. Le scrutin a été répété — le résultat n'a pas changé.
« L'intégrité n'est pas seulement l'absence d'infractions, c'est aussi la confiance que la personne supportera les vérifications publiques à l'avenir. Cette confiance n'a pas été établie »
— Rita Simões, membre de la commission, expliquant la position des représentants internationaux
La présidente de la commission Kateryna Ryzhenko a précisé : le candidat a fourni de nombreuses explications, mais là où manquait la confirmation documentaire, il ne restait que de compter sur sa parole. Pour un poste de ce niveau, cela s'est avéré insuffisant.
Pourquoi le poste reste vacant depuis près d'un an
Le fauteuil de chef de l'ARMA est vide depuis le 30 juillet 2025, date à laquelle Olena Douma a soumis sa lettre de démission le jour de l'entrée en vigueur de la loi de réforme de l'agence. Selon les informations de Forbes Ukraine, la décision de démission a été soutenue par le Bureau du président et la première ministre Yulia Svyrydenko, en raison de l'insatisfaction quant à l'efficacité du travail de l'agence.
Le nouveau concours selon les règles rénovées a démarré en mars 2026. Parmi les principaux changements — les sessions de la commission ouvertes avec diffusion en ligne et le droit de veto des représentants internationaux : si le scrutin est divisé « trois contre trois », ils disposent du vote décisif. C'est cette même règle qui a de facto bloqué la nomination de Doubovik.
L'ARMA gère les actifs saisis des corrupteurs, des Russes sanctionnés et les biens liés à la Fédération de Russie. Selon la loi de réforme, l'agence a obtenu des pouvoirs élargis pour transférer de tels actifs aux besoins des Forces armées — mais sans chef permanent, la mise en œuvre de ces dispositions est ralentie.
Ce que changera le troisième concours
La présidente de la commission Ryzhenko a déclaré que la commission « fera tous ses efforts » pour que la prochaine sélection soit conclue par la recommandation d'un ou deux candidats. Aucun changement spécifique aux règles n'a été annoncé pour l'instant — le 19 décembre 2025, la commission a déjà approuvé les critères et la méthodologie d'évaluation après consultation publique.
Le problème de la sélection précédente, que les experts de Transparency International Ukraine ont relevé, — le petit nombre de participants et la publication intempestive du protocole du concours. Si ces défauts persistent, le concours risque de reproduire le scénario : peu de candidats → un finaliste → blocage des représentants internationaux.
La vraie question — ce n'est pas combien de candidats déposeront dossier, mais si parmi eux apparaîtront des personnes dont l'origine des actifs peut être vérifiée indépendamment : c'est exactement ce qui est devenu un critère formel de sélection en avril 2026.