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La Slovaquie prend le 20e paquet de sanctions de l'UE en otage en raison d'un oléoduc que Kyiv et Moscou décrivent différemment

Blanar a posé une condition : des sanctions seulement après la restauration de « Droujba ». Mais la véritable cause de l'arrêt du pipeline reste un sujet de discorde entre Bratislava et Kyïv.

Tetiana Suchkova-Ladik

Par Tetiana Suchkova-Ladik

16 avril 2026 · 2 min de lecture

La Slovaquie prend le 20e paquet de sanctions de l'UE en otage en raison d'un oléoduc que Kyiv et Moscou décrivent différemment
Фото: EPA / MARCIN OBARA

Le ministre slovaque des Affaires étrangères Juraj Blanar a déclaré au parlement que le pays bloquera l'adoption du 20e paquet de sanctions de l'UE contre la Russie jusqu'à ce que les livraisons de pétrole russe par le pipeline « Droujba » soient rétablies. Cependant, selon Blanar, Bratislava ne s'oppose pas à l'octroi d'un crédit de 90 milliards d'euros de l'UE à Kyiv — c'est-à-dire que le levier des sanctions est appliqué de manière ciblée, et non comme une protestation générale contre le soutien à l'Ukraine.

Qu'a arrêté « Droujba »

Le pipeline ne fonctionne pas depuis la fin janvier 2026. Kyiv affirme que les stations de pompage en Ukraine ont été endommagées suite à une frappe russe par des drones. Les parties slovaque et hongroise contestent cette version : le premier ministre Robert Fico a accusé directement Zelenski de bloquer intentionnellement le transit pour des raisons politiques.

« Nous ne comprenons pas la position de la partie ukrainienne, qui ne communique pas avec nous et ne fournit pas d'informations pertinentes sur les dommages »

Juraj Blanar, ministre slovaque des Affaires étrangères

La Slovaquie s'est tournée vers la Commission européenne pour lui demander d'enquêter sur les circonstances du dommage. Zelenski, de son côté, a déclaré au printemps que le pipeline serait réparé, mais a noté : « On me force à relancer 'Droujba' — en quoi cela diffère-t-il de la levée des sanctions contre les Russes ? »

Le coût de l'alternative

La Hongrie et la Slovaquie se sont tournées vers le pipeline croate « Adria » — mais cette décision a créé un nouveau problème. Les deux pays ont déposé des plaintes auprès de la Commission européenne, affirmant que la Croatie a fixé des tarifs trois fois supérieurs au niveau moyen européen, abusant de sa position de monopole. Le transit via « Droujba » avait cependant déjà chuté à un minimum en 10 ans avant son arrêt — 9,7 millions de tonnes en 2025.

Géométrie des sanctions

La Slovaquie agit différemment de la Hongrie dans cette situation. Budapest a bloqué à la fois le paquet de sanctions et le crédit à l'Ukraine — c'est-à-dire qu'elle a appliqué une pression maximale. Bratislava a séparé ces questions : elle soutient le crédit, mais pas les sanctions. C'est soit une tactique de négociation plus flexible, soit un signal que la Slovaquie recherche un résultat concret, et non une position démonstrative.

  • La Slovaquie soutient le crédit de l'UE à l'Ukraine de 90 milliards d'euros
  • La Slovaquie bloque le 20e paquet de sanctions — jusqu'au rétablissement du transit de pétrole
  • Demande de Blanar : « une déclaration claire, transparente et vérifiée » sur le rétablissement de « Droujba »
  • La Commission européenne a reçu une demande de mener sa propre enquête sur les dommages

La question clé n'est pas de savoir si « Droujba » sera techniquement rétabli — mais plutôt qui confirmera la cause de l'arrêt. Si la Commission européenne conclut que les dommages sont effectivement techniques et indépendants de la volonté de Kyiv, la Slovaquie lèvera-t-elle le blocus du paquet sans aucune condition supplémentaire — ou de nouvelles conditions apparaîtront-elles ?

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