Le statut viager — conservé. La vérification quotidienne — non : ce que le Conseil a changé pour les anciens fonctionnaires
La Rada suprême n'a pas annulé le statut perpétuel de PEP, mais l'a rendu moins contraignant : les banques sont désormais obligées de mener des vérifications renforcées seulement pendant un an après la cessation des fonctions, puis uniquement en cas de risque réel.
Par Tetiana Suchkova-Ladik
10 juin 2026 · 3 min de lecture
L'ancien adjoint ministre, qui a quitté ses fonctions il y a cinq ans, n'est plus obligé d'expliquer chaque paiement à la banque. La Rada suprême a établi : la surveillance financière renforcée des personnalités politiquement exposées (PPE) ne s'applique que pendant 12 mois à partir du jour de la cessation de fonction — au-delà, chaque opération nécessite une justification distincte.
Comment cela fonctionnait et ce qui a changé
Jusqu'en 2020, la loi donnait aux banques trois ans pour accorder une attention renforcée aux anciens agents de l'État. Ensuite, la loi « anti-blanchiment » 361-IX a été adoptée — et le statut de PPE est devenu à vie : toute opération de tout ancien fonctionnaire exigeait formellement une vérification renforcée jusqu'à la fin de la vie. En novembre 2022, la Rada a tenté d'adoucir la norme à trois ans, mais un an plus tard, elle a rétabli la surveillance à vie — sous la pression du FMI.
Le nouvel amendement, adopté dans le cadre de la loi sur l'imposition des plateformes numériques (n°15111-D), ne supprime pas le statut à vie. Comme l'explique LB.ua, il modifie simplement les règles obligatoires : les 12 premiers mois — régime renforcé automatique (clarification des sources de revenus, approbation du responsable pour les opérations, surveillance approfondie). Après cette période, la banque peut continuer le contrôle renforcé, mais elle est tenue de documenter un risque spécifique, individuellement évalué. Le simple fait d'avoir le statut ancien de PPE n'est plus une base suffisante.
« Si une personne vient à la banque et veut déposer 400 000 dollars dont elle ne peut pas expliquer l'origine — bien sûr, il y aura des questions et des vérifications »
Forbes Ukraine, représentant du secteur bancaire
Pourquoi ce compromis est non trivial
Le statut à vie de PPE — ce n'est pas une fantaisie ukrainienne, mais une exigence du GAFI et l'une des conditions que l'Ukraine s'est engagée à respecter pour l'ouverture des négociations d'adhésion à l'UE. La tentative précédente d'assouplir la norme en 2020 a provoqué une réaction de la Commission européenne et du GAFI. Cette année au parlement, on a de nouveau proposé d'abolir complètement le statut à vie — la Commission européenne a de nouveau averti contre les risques pour l'intégration européenne. Finalement, on a choisi une voie médiane : le statut reste illimité dans le temps, mais la vérification automatique est limitée dans le temps.
L'amendement oblige également les banques à informer par écrit le client-PPE si elles décident de poursuivre le régime renforcé après 12 mois. C'est une nouvelle protection contre les situations où une personne ne peut pas ouvrir de compte ou effectuer une opération pendant des années sans explications — non pas parce qu'il y a un risque, mais parce qu'il y a une ligne dans la base de données.
Trois fois en cinq ans
La chronologie des changements elle-même est révélatrice :
- avant 2020 — trois ans de surveillance renforcée après la cessation de fonction ;
- 2020 — statut à vie des PPE (exigence du GAFI et de l'UE) ;
- novembre 2022 — la Rada réduit à trois ans ;
- octobre 2023 — rétablissement du statut à vie sous la pression du FMI ;
- juin 2025 — l'amendement actuel : le statut est à vie, mais la surveillance renforcée obligatoire — seulement 12 mois.
Chaque recul et chaque retour coïncidaient soit avec une nouvelle tranche du FMI, soit avec une avancée dans l'intégration européenne. Ce n'est pas une coïncidence — c'est l'illustration du fait qu'un consensus interne concernant les PPE au parlement ukrainien ne s'est jamais formé.
La question reste ouverte : si la Commission européenne accepte silencieusement cet amendement — la norme s'établira. Si non — la Rada pourrait se retrouver face à un nouvel ultimatum déjà dans le contexte d'une section de négociation spécifique sur l'État de droit.